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🎙️ La parole aux membres du Comité stratégique du CNRA : entretien avec Alice de Ronne
Article publié le 7 juillet 2026

Engagée dans l’économie sociale et solidaire, Alice De Ronne défend une approche de la résilience fondée sur la coopération, la participation et la gouvernance collective.
Convaincue que les grands défis de notre époque ne peuvent être relevés qu’en mobilisant l’ensemble des acteurs, elle a rejoint le Conseil National pour la Résilience Alimentaire afin de contribuer à une réflexion collective sur l’avenir de notre système alimentaire.
Quand vous entendez le terme « résilience alimentaire », à quoi pensez-vous ?
La résilience alimentaire c’est évidemment la capacité de notre système alimentaire à continuer à nourrir les populations quelque soit les crises et changements. Mais au-delà de cette définition, j’y vois surtout un enjeu de gouvernance collective. Un système résilient est un système qui ne repose pas sur quelques acteurs ou quelques ressources fragiles, mais sur la diversité, la coopération et la capacité des territoires à s’organiser ensemble face aux incertitudes.
C’est une notion qui résonne particulièrement avec mon parcours dans l’économie sociale et solidaire et aujourd’hui dans le champ de la santé mentale, en tant que directrice générale de La Maison Perchée : dans les deux cas, il s’agit de construire des organisations capables de mettre les personnes concernées par la problématique autour de la table, et réfléchir ensemble pour maintenir notre mission sociale.
Pourquoi avez-vous choisi de vous engager au sein du CNRA ?
J’ai choisi de m’engager au sein du CNRA parce que la résilience alimentaire est un enjeu majeur de notre époque, à la croisée des défis climatiques, sociaux et démocratiques. Le CNRA invite à dépasser les logiques sectorielles pour réfléchir collectivement à la manière dont nous organisons nos solutions aux besoins essentiels de la société. Aucune transformation durable ne peut se construire sans coopération entre les acteurs et sans implication des personnes concernées. Le CNRA offre précisément cet espace de ressource, de dialogue et de réflexion collective entre des acteurs aux profils très différents, ce qui en fait un lieu particulièrement précieux.
Pourquoi la résilience alimentaire doit-elle, selon vous, être prise en compte par l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire et les pouvoirs publics ?
Parce que la résilience alimentaire est un enjeu systémique. Aucun acteur ne peut la construire seul. Nos interdépendances sont fortes : producteurs, transformateurs, distributeurs, associations, collectivités, citoyens et pouvoirs publics ont tous un rôle à jouer pour renforcer la capacité de nos territoires à faire face aux chocs à venir. Et tout ça a un impact direct sur les populations, sur nous, sur notre santé physique et mentale, et sur notre avenir.
Les pouvoirs publics ont une responsabilité particulière pour créer les conditions favorables à cette résilience, et la mobilisation de l’ensemble de l’écosystème est clé. À titre personnel, je suis convaincue que les réponses les plus robustes émergent lorsque les personnes concernées participent à la définition des solutions. C’est une conviction que je retrouve aussi bien dans mon engagement pour la santé mentale communautaire que dans les réflexions portées par le CNRA : la résilience se construit avec nous, pas uniquement pour nous.