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🎙️ La parole aux membres du Comité stratégique du CNRA : entretien avec Frédéric Marchand

Article publié le 16 juilet 2026

Convaincu que l’alimentation est un enjeu stratégique au croisement de la santé, de l’environnement, de l’économie et de la cohésion sociale, Frédéric Marchand s’engage depuis plusieurs années pour renforcer la territorialisation des politiques alimentaires. Membre du Comité Stratégique du CNRA, il partage sa vision de la résilience alimentaire, les raisons de son engagement, ainsi que la nécessité d’une mobilisation collective pour construire des systèmes alimentaires plus solides face aux défis de demain. 

Quand vous entendez le terme « résilience alimentaire », à quoi pensez-vous ? 

Lorsque j’entends le terme « résilience alimentaire », je pense à la capacité d’un territoire et de toute une société à garantir durablement à chacun l’accès à une alimentation saine, de qualité et en quantité suffisante, y compris en période de crise. Qu’elles soient climatiques, économiques, géopolitiques ou sanitaires, ces crises nous rappellent que notre système alimentaire doit être capable d’anticiper les chocs et de s’y adapter. 

Cette résilience passe notamment par le renforcement de notre souveraineté alimentaire, la diversification des sources d’approvisionnement, la préservation des terres agricoles et le développement de liens de proximité entre les producteurs, les transformateurs, les distributeurs, les restaurateurs et les consommateurs. 

Pour moi, la résilience alimentaire ne signifie pas un repli sur soi. Elle repose avant tout sur notre capacité collective à coopérer, à innover et à construire des territoires capables d’assurer durablement la continuité alimentaire dans un monde de plus en plus incertain. 

 

Pourquoi avez-vous choisi de vous engager au sein du CNRA ? 

Mon engagement au sein du CNRA s’inscrit dans la continuité des travaux que j’ai menés autour des projets alimentaires territoriaux et de la territorialisation des politiques alimentaires. 

Je suis profondément convaincu que les enjeux alimentaires dépassent largement la seule question agricole. Ils concernent également la santé publique, la cohésion sociale, l’économie locale, la préservation de l’environnement et, aujourd’hui plus que jamais, la sécurité nationale. 

Le CNRA représente un espace de dialogue particulièrement précieux. Il permet de rassembler des acteurs issus d’horizons très différents autour d’une ambition commune : construire un système alimentaire plus résilient, plus juste et plus durable. C’est cette approche collective et transversale qui a motivé mon engagement.

 

Pourquoi la résilience alimentaire doit-elle, selon vous, être prise en compte par l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire et les pouvoirs publics ? 

 La résilience alimentaire est, par nature, une responsabilité collective. Aucun acteur, à lui seul, ne peut répondre à l’ensemble des défis auxquels nos systèmes alimentaires sont confrontés. 

Agriculteurs, industriels, distributeurs, restauration collective, consommateurs, collectivités territoriales et pouvoirs publics ont chacun un rôle essentiel à jouer. Les crises récentes ont mis en évidence la fragilité de certains approvisionnements ainsi que la dépendance de nombreux territoires. 

Dans un contexte marqué par le changement climatique, les tensions géopolitiques et les enjeux croissants de santé publique, l’alimentation devient un sujet stratégique relevant pleinement de l’intérêt général. Les pouvoirs publics ont un rôle déterminant pour définir une vision de long terme, encourager les coopérations entre les territoires et créer les conditions nécessaires au développement d’une véritable résilience alimentaire au service de tous. 

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