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🎙️ La parole aux membres du Comité stratégique du CNRA : entretien avec Baptiste Andrieu
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A propos de Baptiste Andrieu

Baptiste Andrieu est un entrepreneur et expert en financement de la transition agricole et alimentaire. DiplĂ´mĂ© de l’École d’IngĂ©nieurs de PURPAN, il Ă©volue depuis plus de dix ans Ă la croisĂ©e de la finance, de l’innovation et des enjeux de rĂ©silience alimentaire. AssociĂ© de CanopĂ©e Global Advisory et impliquĂ© dans Canopee Private Equity, il accompagne des entreprises et projets engagĂ©s dans la transformation des filières agricoles et agroalimentaires. Il intervient notamment sur des sujets de financement Ă impact, de structuration d’investissements et d’accompagnement stratĂ©gique des acteurs du vivant. Aux cĂ´tĂ©s d’ArkĂ©a Capital et de Vertigo Lab, il vient de lancer le premier fonds d’investissement – RESALT – dĂ©diĂ© Ă la rĂ©silience alimentaire.Â
Très engagé dans l’écosystème AgriTech et alimentaire, il participe également à plusieurs initiatives et réseaux dédiés à l’innovation agricole et à la souveraineté alimentaire, dont le Conseil National pour la Résilience Alimentaire, dont il est membre du Comité Stratégique et ambassadeur pour l’Occitanie.
À travers son engagement autour des enjeux alimentaires et territoriaux, Baptiste Andrieu partage sa vision de la résilience alimentaire face aux défis climatiques, économiques et géopolitiques actuels.
La résilience alimentaire : une priorité systémique
1. Quand vous entendez le terme « résilience alimentaire », à quoi pensez-vous ?
Je pense d’abord Ă la capacitĂ© d’un territoire et de ses populations Ă continuer de se nourrir durablement face aux chocs : climatiques, sanitaires, gĂ©opolitiques, Ă©conomiques, cyber. La rĂ©silience alimentaire n’est ni la sĂ©curitĂ© alimentaire, ni la souverainetĂ©, ni l’autonomie. Elle les prĂ©suppose et les dĂ©passe : c’est la propriĂ©tĂ© systĂ©mique qui permet Ă un système alimentaire d’absorber un choc, de s’adapter et, si nĂ©cessaire, de se transformer sans rompre.
Je pense ensuite à ce que cela suppose concrètement : des sols vivants, des agriculteurs correctement rémunérés, des outils industriels de transformation maillant les territoires, des infrastructures logistiques redondantes, des actifs stratégiques souverains (semences, intrants, eau, énergie, foncier) et qui sont maîtrisés collectivement.
2. Pourquoi avez-vous choisi de vous engager au sein du CNRA ?
Parce que la rĂ©silience alimentaire est un sujet trop sĂ©rieux pour rester captif des silos. Le CNRA est l’un des rares lieux oĂą agriculteurs, transformateurs, distributeurs, collectivitĂ©s, chercheurs, financiers et organisations publiques Ă©laborent ensemble une vision commune en dĂ©clinaisons opĂ©rationnelles. C’est cette transversalitĂ© qui m’a convaincu.
ReprĂ©senter l’Occitanie au sein du Conseil d’administration est ensuite un engagement territorial. Notre rĂ©gion concentre une diversitĂ© agricole et alimentaire exceptionnelle, mais aussi des vulnĂ©rabilitĂ©s spĂ©cifiques : pression climatique, captation foncière, fragilitĂ© de filières emblĂ©matiques.
3. Pourquoi la rĂ©silience alimentaire doit-elle, selon vous, ĂŞtre prise en compte par l’ensemble des acteurs de la chaĂ®ne alimentaire et les pouvoirs publics ?
Parce qu’une chaĂ®ne ne vaut que par son maillon le plus faible. La rĂ©silience est un bien commun systĂ©mique : elle Ă©merge de la qualitĂ© des coopĂ©rations entre amont et aval, entre public et privĂ©, entre recherche et terrain, entre finance et Ă©conomie rĂ©elle. Aucun acteur isolĂ© ne la produit Ă lui seul.
Parce que les vulnĂ©rabilitĂ©s sont aujourd’hui connues et documentĂ©es : dĂ©pendance aux intrants stratĂ©giques, exposition cyber des outils productifs et logistiques, captation foncière, sous-investissement industriel, dĂ©saffection des mĂ©tiers ou tensions sociales en zones rurales.
La résilience alimentaire est un investissement, pas une charge ; une condition de notre souveraineté, pas une option morale ; une infrastructure vitale, pas une niche.