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🎙️ La parole aux membres du Comité stratégique du CNRA : entretien avec Florian Baralon

Article publié le 11 mai 2026

Entretien avec Florian Baralon, cofondateur d’EcoFarms et membre du Conseil stratégique du CNRA

Spécialiste de la fertilité des sols, de l’agroécologie et de l’accompagnement au changement, Florian Baralon consacre depuis plus de quinze ans son engagement professionnel et citoyen à la transformation des systèmes agricoles et alimentaires. Cofondateur d’EcoFarms, il est également membre du Conseil stratégique du Conseil National pour la Résilience Alimentaire.
Dans cet entretien, il partage sa vision de la résilience alimentaire, les raisons de son engagement au CNRA et l’importance d’une mobilisation collective face aux crises systémiques.

Quand vous entendez le terme “résilience alimentaire”, à quoi pensez-vous ?

« Quand j’entends résilience alimentaire, je pense avant tout à une nouvelle organisation des territoires et de leurs interrelations. Une organisation dans laquelle chacun a su mettre en place les bons leviers pour répondre aux impacts du changement climatique ou à d’autres périodes de tensions, qu’elles soient géopolitiques ou économiques. Cette résilience suppose aussi un État protecteur, capable de prendre en charge la gestion des risques majeurs à l’échelle globale : la montée des eaux, la constitution de stocks de réserve, la disponibilité d’une énergie abordable, ou encore la sécurisation des infrastructures critiques.
La résilience alimentaire ne peut pas être uniquement locale ou individuelle. Elle repose sur une articulation fine entre les territoires et un cadre national capable d’absorber les chocs systémiques. »

Pourquoi avez-vous choisi de vous engager au sein du CNRA ?

« J’ai choisi de m’engager au CNRA en 2020, en pleine période de COVID. Les tensions qui traversaient alors nos systèmes alimentaires étaient extrêmement fortes et ont mis en lumière leurs fragilités structurelles.
À ce moment-là, il m’a semblé évident que je ne pouvais pas rester spectateur. C’était, pour moi, un devoir de citoyen de m’engager pour le bien commun. Le CNRA est né de cette urgence, avec l’ambition de créer une communauté capable d’agir concrètement pour la résilience alimentaire. Une communauté qui rassemble des acteurs d’horizons très différents, mais animés par une même volonté : transformer durablement notre manière de produire, de distribuer et de consommer l’alimentation. »

Pourquoi la résilience alimentaire doit-elle, selon vous, être prise en compte par l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire et les pouvoirs publics ?

« La résilience alimentaire concerne tous les acteurs, sans exception. Nous vivons dans un monde globalisé, où l’ensemble de notre environnement est en profonde mutation. Les communautés sont de plus en plus impactées, les équilibres économiques sont fragilisés, et notre système reste largement vulnérable aux chocs. Dans ce contexte de permacrise, aucun maillon ne peut agir seul. Chaque acteur — du producteur au consommateur, des entreprises aux collectivités, des associations aux pouvoirs publics — doit prendre sa part.
Mais surtout, nous devons créer des liens forts entre ces acteurs, renforcer la coopération, partager les responsabilités et les visions. C’est à cette condition que nous pourrons traverser durablement les crises à venir et construire des systèmes alimentaires réellement résilients. »

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