Le baromètre
de la Résilience Alimentaire

La première des énergies est l’alimentation. Elle «donne la force ». Elle permet tout simplement de vivre.

Parce que depuis quelques dizaines d’années la faim a disparu de l’Hexagone, parce que nous avons une des agricultures les plus productives au monde, parce que nous faisons partie des plus riches sur Terre, nous pouvons penser que la faim ne reviendra jamais nous hanter. N’est-ce pas surtout parce que l’ignorance est confortable ?

En effet, certains signes devraient nous alerter en cette période faste : un appauvrissement des sols, une accélération du changement climatique, une démotivation de certains agriculteurs, des aliments qui viennent de plus en plus loin… Tous ces éléments se renforcent mutuellement pour fragiliser la production agricole et notre souveraineté alimentaire.

Louis Pasteur disait « le microbe n’est rien, le terrain est tout », exprimant ainsi que la maladie ne pouvait s’installer que dans un organisme affaibli.

Le but du CNRA est de renforcer la capacité des territoires à faire face aux futures crises.

Pour cela, comme il n’existe pas de progrès sans mesure du progrès, le CNRA lance le baromètre de la résilience alimentaire des territoires.

Ce baromètre souhaite mettre en lumière les outils et les données qui existent. Ils sont performants, le fruit d’un travail d’experts et doivent être partagés au plus grand nombre.

Il en manque encore beaucoup de données ! Rejoignez-nous pour compléter ce baromètre et en faire un réel outil de pilotage pour les décideurs.

Le baromètre

Le Baromètre, en tant qu’outil de pilotage de la résilience alimentaire des territoires a été présenté à l’occasion de la première Journée Parlementaire sur la résilience alimentaire des territoires le 8 avril 2021.

Il s’appuie sur la mutualisation de connaissances pour synthétiser et valoriser des données permettant de piloter l’accélération de la transition alimentaire.

Cet outil de synthèse est conçu pour :

  • Accompagner les décideurs territoriaux dans leurs orientations stratégiques en les aidant à auditer plus en profondeur leur territoire afin d’identifier les voies d’amélioration.
  • Faciliter le partage de bonnes pratiques entre territoires via l’identification d’initiatives locales qui pourraient être déployées sur d’autres territoires

Il s’appuie sur six indicateurs, construits à l’échelle des départements :

  • L’adéquation entre production agricole et besoins alimentaires
  • La population agricole
  • La politique foncière
  • Les pratiques agricoles
  • La distribution en circuit court
  • La présence d’outils de transformation
  • Les projets alimentaires territoriaux (PAT)

Ces indicateurs sont amenés à évoluer et à être complétés grâce au travail de tous les acteurs de l’écosystème agro-alimentaire.

L'adéquation entre la production et les besoins alimentaires

L’indicateur d’adéquation entre la production et les besoins alimentaires permet d’évaluer la capacité d’un territoire à subvenir aux besoins alimentaires de sa population.

Pour chaque famille d’aliments (céréales, fruits et légumes, oléo protéagineux, viandes, …), la production agricole du territoire est mise en regard des besoins nutritionnels de ses habitants, eux- mêmes établis sur la base d’une assiette moyenne diversifiée.

Dans cet indicateur, la production excédentaire d’une famille d’aliment ne compense donc pas un déficit de production d’une autre. De plus, les flux logistiques et les dynamiques d’importation depuis d’autres territoires ne sont pas pris en compte dans cette approche théorique de la consommation alimentaire d’un département.

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La population agricole

L’indicateur de population agricole met en lumière la part d’actifs agricoles permanents dans la population du territoire par rapport à la moyenne nationale.

Pour prendre en compte la dynamique d’évolution, le score obtenu à partir de la part d’actifs agricoles est ajusté avec un bonus ou un malus en fonction de l’évolution de cette part d’actifs agricoles entre 1990 et 2010.

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La politique foncière

L’indicateur de politique foncière permet d’estimer si un territoire dispose d’une surface agricole suffisante par rapport à sa population totale.

Il se base sur la conjonction de deux indicateurs :

  • La surface agricole utile par habitant.
  • Un score notant la politique d’artificialisation des sols d’un territoire par rapport à l‘objectif « Zéro Artificialisation Nette » visant à freiner l’artificialisation des terres et défini lors du plan biodiversité du 4 juillet 2018.

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Les pratiques agricoles

L’indicateur des pratiques agricoles permet d’évaluer le niveau de mise en œuvre de pratiques agricoles durables au niveau des territoires.

Pour rendre compte de cet aspect, cet indicateur s’intéresse à deux mesures :

  • La part de surface utile en agriculture biologique dans la surface agricole utile du territoire
  • Le score Haute Valeur naturelle, calculé par Solagro, qui estime le niveau de biodiversité du territoire en agrégeant des composantes représentatives de la nature des modes de production. Sa méthodologie de calcul détaillée est disponible sur cette page

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La distribution en circuits de proximité

L’indicateur de distribution en circuit de proximité agrège 15 000 points de distribution alimentaire en vente directe (marché de plein vent, vente à la ferme, magasin de producteur, groupement d’achat…). Ces données sont collectées par l’Observatoire des systèmes alimentaires territorialisé du RMT Alimentation locale en collaboration avec l’INRAE, depuis 2018, qui se donne pour objectif d’en faire un recensement exhaustif sur tout le territoire.

L’échelle indique pour chaque département le nombre moyen de point de distribution alimentaire en vente directe pour 10 000 habitants sur la période 2018-2019. Les données sont en cours d’actualisation, d’enrichissement et d’élargissement à la vente avec un intermédiaire

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Les équipements de transformation

L’indicateur des équipements de transformation présente l’agrégation de données sur les moulins, les abattoirs, les ateliers de transformation, notamment les légumeries et les ateliers de découpe, collectées par l’Observatoire des systèmes alimentaires territorialisé du RMT Alimentation locale en collaboration avec l’INRAE, depuis 2018.

L’échelle indique le nombre d’équipements rapporté au nombre d’exploitations agricoles.

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Les projets alimentaires territoriaux (PAT)

Les projets alimentaires territoriaux (PAT) ont pour objectif de relocaliser l’agriculture et l’alimentation dans les territoires en soutenant l’installation d’agriculteurs, les circuits courts ou les produits locaux dans les cantines. Issus de la Loi d’avenir pour l’agriculture qui encourage leur développement depuis 2014, ils sont élaborés de manière collective à l’initiative des acteurs d’un territoire (collectivités, entreprises agricoles et agroalimentaires, artisans, citoyens etc.).

L’Observatoire national des PAT (OnPAT) vise à porter à connaissance de tous les acteurs et décideurs des politiques alimentaires, les données les plus récentes sur les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) ainsi que des analyses comparatives génériques et thématiques approfondies.

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